La
principale ressource du travail de Joël Gangloff est
constituée
des objets ordinaires qui nous entourent et structurent notre
quotidien.
La
masse imposante des fauteuils qu'il nous donne à voir,
à
ressentir, ses chaises, ses cartons, ses échelles, leurs
couleurs très marquées, sont là pour
évoquer
précisément, par transcendance, la
présence de
l'homme. En effet, son absence
apparente du
support est toute relative puisque en choisissant de peindre un objet
en particulier, l'artiste fait de cet objet l'expression même
de son propre univers, de son relief intime.
Chez
Joël Gangloff, la couleur se veut non décorative.
Elle
est plutôt force et sensation. Elle place son tableau
à
la limite entre réel et abstraction. La couleur, la
recherche
du raffiné sans vouloir séduire, constitue une
opposition intéressante à ces objets dont
l'esthétique
est avant tout utilitaire.
Joël
Gangloff se veut alchimiste et fabrique ses peintures et ses
mélanges
à partir de pigments naturels. Il passe et repasse pour que
couches après couches, naisse l'objet, qu'il prenne vie.
Typographe
de formation, Joël Gangloff a longtemps exercé le
métier
d’imprimeur. La couleur est son langage, elle lui permet
d'exprimer
ce qu'il ressent et la manière qu'il a de percevoir le
monde.
S'il a conscience de ce qu'il va peindre,
l’exécution reste
plus une action qu’une conception et il garde au geste une
avance
sur l’idée.